article d'Amélie Tochon
Les Wayuus sont un peuple vivant entre le Vénézuela et la Colombie, plus exactement au nord de la frontière entre ces pays. Dans la péninsule de la Guajira . Guajira vient de Guajiro, le nom donné par les espagnols aux Wayuus.
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Drapeau représentant le peuple Wayuu (chaque symbole sur le cercle représentant un des clans Wayuu)

Carte indiquant l'aire de répartition où vivent les Wayuus
Ils s'agit d'un peuple parlant une langue Arawak, un groupe de langue qui recouvre par exemple les langues que l'on parlaient dans les petites antilles ( par les peuples Kalinagos que nous avions évoqués rapidement durant notre épisode sur les Taïnos).
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Représentation d'une famille Kalinago

Carte avec en vert les petites antilles
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Répartition en Amérique du Sud des régions où l'on peut entendre des locuteurs d'une des langues arawaks
Ils seraient donc arrivés dans la région au cours des grandes migrations des peuples Arawaks atteignant la région vers environ 150 ans avant JC.
Lors de leur arrivés dans la région ils font surtout continués de faire de la pêche, de la chasse, et de la cueillette et en arrivant font pratiquer également de l'agriculture. Malgré tout cela l'agriculture se développa au Sud car la région où vivent les Wayuus est désertique.

Photo de la Guajira

Maison Wayuu Les Wayuus étaient divisés alors en plusieurs clans avec chacun sa politique et son chef.
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Division approximative de la Guajira entre les clans
Les Conquistadors espagnols entrent en contact avec eux à partir du XVIème siècle, cependant ils ne parvinrent jamais à soumettre les Wayuus. Les raisons à cela peuvent être l'aspect désertique de leur territoire rendant difficile de pouvoir s'y installer et aussi la forte résistance indigène Wayuu. De plus les montagnes présentes à l'entrée permettaient aux clans wayuus vivant à la frontière de pouvoir repérer facilement l'arrivée des colonisateurs espagnols.
De plus les Wayuus font rapidement apprendre à utiliser les chevaux et les armes à feu( qu'ils prenaient aux espagnols), les rendant plus sur un pied d'égalité face aux espagnols en cas de conflit.
Malgré cela, certaines régions de la Guajira, les plus fertiles, seront quand même prise après des conflits par les espagnols qui fonderont la ville de Riohacha ( qui fut le seul véritable endroit réellement contrôlée par les espagnols). La division des Wayuus aidant les espagnols dans leur colonisation de la région.
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Position de la ville de Riohacha dans la Guajira
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Cathédrale, notre dame des remèdes, cathédrale de Riohacha
Les espagnols font donc essayer de contrôler la péninsule mais de manière indirecte reconnaissant certains degrés d'autonomie à certaines parties et dans les faits ne contrôlaient que très peu la péninsule qui restait encore le territoire des Wayuus. Les autorités espagnols rattachant administrativement la péninsule à la vice royauté de Nouvelle grenade ( un des découpages des colonies espagnols. )
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Carte de la Vice royauté de Nouvelle grenade
L'arrivée des espagnols va introduire aux Wayuus le grand bétail, qu'ils font commencer à un peu utiliser.
L'absence de contrôle dans la région en faisaient un lieu privilégié pour les marrons ( les esclaves en fuite qui se réunissaient ensemble) et les pirates. Cela profita aux Wayuus qui pouvaient alors obtenir des armes et des chevaux lors d'échanges avec les français, les anglais et les néerlandais.
Les Espagnols de ce fait font prendre peur car cela pourrait mener à un la formation d'un protectaurat sur la région d'une autre puissance comme l'avait fait les anglais sur les côtes Mosquitos en Amérique centrale.
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Côtes Mosquitos à côté du Nicaragua
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Position du Nicaragua
Les espagnols font donc essayer d'intensifier la colonisation des terres mosquitos mais sans succès, n'obtenant que des révoltes des Wayuus et peu de volontaires du côté espagnol.
Le gouverneur Luis Soto de Herrera, dans son rapport de 1718 décrivaient les Wayuus ainsi, « étaient des barbares, des voleurs, des voleurs de chevaux, dignes de la mort, sans Dieu, sans loi et sans Roi ».
Cependant le 2 mai 1769, l'enlèvement par les autorités espagnols de 22 Wayuus, provoqua une grande révolte générale des différents clans Wayuu pour lutter contre l'envahisseur et colonisateur espagnol. Les 22 Wayuus avaient été enlevées pour être envoyés en travaux forcées à la construction des fortifications de la ville de Carthagènes des Indes (une ville en actuel Colombie).

Ville de Carthagène des Indes actuellement
Ainsi commença cette révolte Wayuu qui dura 7 ans.
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Carte de la Guajira en 1769
Les tribus d'Orino, Boronata et de Laguna de Fuentes font s'unir alors pour attaquer le village de El Rincón près de Riohacha. Ils font alors détruire l'autel et des objets sacrès de l'église, mettant le feu à l'église provoquant la mort de 2 personnes.

Guerriers Wayuus
Les autorités espagnoles envoient alors 25 soldats pour essayer de sauver le prêtre du village des mains des Wayuus.
Les Wayuus font réagir aux attaques et réussissent à vaincre les soldats espagnols provoquant la mort de 8 d'entre eux ainsi que du Caporal qui les dirigeaient.
Le 7 mai, une goélette anglaise vendant des armes aux Wayuus est repérée à Aullamas.
Rapidement la région tombe sous le contrôle des Wayuus provoquant la mort de centaines d'espagnols, mais capturant aussi beaucoup de bétails et faisant de nombreux prisonnier.es.
Les missionaires sont expulsés par les forces Wayuus. Les forces indigènes ne font n'attaquer que lorsqu'ils avaient la supériorité numérique face aux envahisseurs espagnols. Les sources font en faveur qu'il n'y avait pas de rencontres antérieurs entre les chef Wayuus avant les attaques.
La majorité des villages de la régions seront ainsi détruits et rasé de la carte. Seule Riohacha tenu, devenant ainsi le bastion de sauvegarde des colons face aux Wayuus.
Le gouverneur de la région va alors demander de l'aide à Carthagène des Indes pour qu'elle leur envoie des troupes pour lutter contre les forces indigènes. La ville va alors envoyé 100 soldats pour aider les espagnols. Pendant ce temps, des affrontements font se dérouler entre les Wayuus. En effet le Caporal qui avaient été tué qui dirigées les forces espagnols étaient un métis espagnol wayuu et donc ces proches chez les Wayuus ont cherché à venger sa mort.
Ces affrontements entre Wayuus va provoquer la mort de nombreux Wayuus et permit aux forces espagnols de se préparer pour la contre offensive.
Cela a ainsi pousser pas mal de Wayuu fuir face aux forces espagnols poussant la révolte a diminué avec le temps.
Mais cela ne termina pas la conflit, en effet en 1771, le gouverneur colonial de la région organisa une expédition punitive contre les Wayuus. Les forces espagnols étaient composés de 700 soldats environ, 340 miliciens à Riohacha dirigés par le colonel José Benito Encio. Les soldats venaient de Carthagènes, tandis que les miliciens venaient de Riohacha.
Cependant, Encio apprit que 6000 Wayuus étaient prêt à le recevoir. Il demanda alors 2000 troupes au Vice roi de grenade pour lutter contre les Wayuus.
Cependant il y avait aussi une certaine opposition des habitants de Riohacha a une véritable pacification de la région. En effet cela mettrait fin à la contrebande possible qui leur était pourtant très lucratif.
Cependant, le vice roi Manuel Guirior insista sur le besoin de pacifier la péninsule qui correspondait une faiblesse du contrôle de la côte par les espagnols.
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Vice roi de Nouvelle Grenade, Manuel Guirior
Encio fut donc remplacé par le brigadier et mathématicien Antonio de Arévalo.
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Plan fait par Arévalo
Et après du temps, les violences font diminué en 1774. Arévalo va poussé à l'installation de nouvelles colonies à partir de 1772. Ces nouvelles colonies ne rencontraient pas trop d'hostilité des Wayuus tant que leurs habitants ne s'installaient pas sur les terres très densément peuplé par les Wayuus.
Le gouverneur va négociatier avec Antonio Paredes, cacique de Apiesi pour l'établissement d'une autre ville.
Ils font alors pouvoir en profiter pour construire des réductions, comme la réduction de saint Paul de Tucuraca (une réduction est une mission catholique dirigée par missionaires ayant pour but, avant tout de regrouper les populations indigènes pour mieux les intégrer au système politico-économique puis de les évangéliser, ce qui comprenait un processus éducatif de développement socio-culturel et économique et donc d'acculturation au mode de vie européen.)
En 1775, 3 colonies sont construite dont la ville de San Bartolomé de Sinamaica sur la lagune du même nom appelée plus simplement Sinamaica appelée Karouya en Wayuu.
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Position de Sinamaica
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Maisons sur pilotis de Sinamaica
La ville va alors s'associer à Sinamaica pour réduire la présence Wayuu dans la région et encourager la venue de colons espagnols. Les milices des deux villes pouvant s'allier pour lutter ensemble.
Ce nouveau village était fondamental, car il contrôlait un territoire fertile parfait pour établir une agriculture permanente et des communications dans une zone stratégique.
Cela provoca la résistance des Wayuus mais pas que, ainsi que des peuples Cocinas, paraujanos, garabuyas, antañocos, yercuas et caracas se trouvant au Sud de la ville.
Les autorités espagnols font également tenter de construire un village Apiesi au nord de la péninsule pour mettre fin à la contrebande dans la région.
Encouragés par les promesses d'aide Britannique, les Wayuus du chef Arguasi font lutter contre la construction de ce village.
Une garnison de 65 miliciens va parvenir à les rejeter et à fuire à Honda Bay.
Position de Honda Bay
Cependant à cause des luttes avec les Wayuus, les miliciens passeront de 65 à 43.
Cependant, leur position était précaire car les autres colonies étaient assez éloignées ( proche de Riohacha).
Cela reprovoca une grande période de violence poussant beaucoup de moines à fuir la péninsule. Finalement même l'église va demander aux moines de la péninsule restaient à partir pour leur sécurité.
Le gouverneur par intérim de Riohacha, José Galluzo et Páez étaient en faveur, il envoya donc Arévalo pacifier Honda Bay, défendre Riohacha et Sinamaica et les autres territoires contrôlaient par les espagnols. Ils partit donc avec 500 soldats le 17 mars 1776. Ils font alors aller dans ces liens par la terre et la mer tuant tous les indigènes sur leur passage. Ils font fondés Santa Ana de Sabana del Valle au nord de la péninsule, coupant la contrebande de la région.
Galluzo va de son côté arrêter 69 habitants indigènes de Riohacha et inderdit l'entrée des indigènes dans la ville.
Malgré cela les Wayuus n'étaient toujours pas vaincus et la reprise des hostilités en 1779 dans le nord provoqua le départ des espagnols de la péninsule. Le territoire Wayuu resta ainsi sous la gouvernance de son peuple.
Vers 1800, la population indigène de la péninsule surnommés sauvage par les autorités est estimée à 10 000 individus.
En 1812, 2 ans après la déclaration d'indépendance des provinces unis de nouvelles grenade et le début de la guerre d'indépendance du Vénézuela ( considérés comme la naissance de la Colombie, événement qui marque le début de la guerre d'indépendance de la Colombie qui terminera en 1919 et en 1923 pour le Vénézuela), les statistiques donnent 40 000 Wayuus dont au moins 1500 combattants ( en tous cas qui ont attaquaient des villes espagnols au sud de la péninsule).
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Provinces unis de Nouvelle Grenade en rouge
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Drapeau des provinces unis de Nouvelle Grenade
Après leur indépendance Colombien et malgré les volontés de Simon Bolivar ( un très important général et homme d'état dans les guerres d'indépendances d'Amérique du Sud et du Vénézuela ( il a par exemple donné son nom à un pays la Bolivie)) ,qui avaient en 1821 créé un décret demandant le restitution des terres indigènes, la division des terres en réserves et la fin des impôts des indigènes, le gouvernement Colombien et Vénézuelien cherchent des moyens de soumettre les Wayuus qui de fait n'obéissent à aucun pays et continue de vivre tranquillement dans leur péninsule.
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Simon Bolivar
Dès les années de 1830, les forces Vénézueliennes font construire des forts et des tranchés de plus en plus au nord au fûr et à mesure qu'ils soumettaient les peuples Wayuus du vénézuela.
A partir de 1887, les missionaires font revenir, évangélisant les Wayuus.
En 1893, les autorités Vénézueliennes font être réduite et épuisés, la Colombie va alors en profiter pour appliquer la même stratégie coupant la péninsule entre les deux pays telle qu'elle est actuellement.
Malgré l'expansion des républiques sur les territoires Wayuus, les habitants de la Guajira bénéficièrent d'une très forte autonomie, qui fut reconnue assez récemment par les constitution des deux républiques. Ils peuvent par exemple aller librement de la Guajira Colombienne à la Guajira Vénézuelienne.
Actuellement, les Wayuus étaient en 2018, 380,460 individus en faisant le peuple indigène le plus nombreux de la république et en 2011, 413,437 au Vénézuela. On note encore 2012, 420 000 personnes qui ont pour langue maternelle le Wayuu.
Actuellement dû fait du réchauffement climatique, la région de la Guajira subit de nombreuses sécheresses qui fragilise la population et provoque de nombreux décés d'enfants de malnutrition ( dû aux cultures qui ne poussent plus du fait du manque d'eau). De plus la présence de mines qui pollue les rivières de la Guajira augmente le problème d'accès à l'eau de la communauté.
En 2015, 46 décès pour 1000 enfants de moins de un ans et en 2021, 60 décés pour 1000 enfants de moins de un ans.
Sans compter que la région est assez abandonnée par le pouvoir de Bogota.
La Cour Interaméricaine des Droits de l’Homme (CIDH) a d’ailleurs été saisie et a ordonné à la Colombie de prendre des mesures d’urgence et de prévention pour sauver les populations Wayuu particulièrement vulnérables.
Heureusement l'ONU a agit et est aide les Wayuus a trouvé des espaces qu'ils peuvent cultiver même en condition de sécheresse.

agente de l'ONU avec une dame Wayuu
Passons maintenant à la découverte de la culture Wayuu :
Comme expliqué plus haut, les Wayuus parlent historiquement la langue Wayuu, qui est à l'heure actuel, la langue arawak la plus parlée du continent.
Voici quelques mots en langue Wayuu.
Langue Wayuu : Wayuunaiki ( qui vient de Wayuu le nom de la langue qui veut aussi dire être humain dans la langue et de naiki venant de anüiki qui veut dire mot où language)
Bonne matinée : watta'a maat où watta'a lü selon les dialectes
Merci : Anayaawatsü saa'u
Bonne nuit : Aipa’a
Comment vas tu ? : Jamaya pia ?
Comment allez vous ? ( vous au sens du pluriel) : Jamaya jia ? où Jamaya jaya ? selon les dialectes
Comment t'appelles tu ? : Kasaichi pünülia ?
Pour pouvoir entendre la langue Wayuu parlée, voici l'hymne de la Colombie en langue Wayuu sur ce lien(https://www.youtube.com/watch?v=HU5DWUvI6pc).
Malgré que l'on puisse écrire la langue Wayuu
Passons maintenant à la mythologie Wayuu :
Les mythes Wayuus sont très nombreux et peuvent varier d'une région à l'autre (on en dénote au moins 400).
Dans la cosmogonie Wayuu, il y a certaines divinités importantes comme Maleiwa, le dieu créateur de tout ( considérée des fois comme la seule divinité, les autres n'étant alors que des êtres spirituels et des demi dieux), Juya (où Huya), dieu de la pluie, Pulowi déesse du vent et des temps de sécheresse et Mma déesse de la terre et Wanulu, esprit de la maladie et de la mort.
L'origine du peuple Wayuu dépend des mythes, dans certains mythe, c'est Maleiwa qui créa les Wayuus puisque c'est le dieu de tout.
Un autre mythe raconte qu'il y a des années, des millénaires, il n'y avait que le vent, l'obscurité, le froid, la terre Mma, la pluie Juya, et sa femme Pulowi. Juya dans ses aventures a rencontré Mma, la Terre, et est tombé amoureux d'elle et ensuite sa femme aussi. Il a eu alors une forte intimité avec elle et c'est ainsi que les premiers enfants sont nés qui étaient toutes les plantes qui existent aujourd'hui, grandes, moyennes, petites. Juyá a encore eu des relations intimes avec Mma et a répudié Pulowi. Chaque fois qu'un nouveau fils naissait, une voix se faisait entendre de l'intérieur de la terre.
La voix disait :
-Tu seras Uriana, tu seras Epiayu, tu seras Pushaina.
En d'autres termes, elle nommait tous les groupes familiaux, les clans qui existent aujourd'hui. C'est comme ça que les gens sont apparus. Puis certains d'entre eux ont subi une transformation, ils sont devenus des animaux.
Pulowi est resté sur les sommets de la cordillère de Macuira, dans la région de la Alta Guajira. C'est un lieu sacré pour les mystères qui y existent. Dans le pic il y a un petit lagon. Certains disent que l'eau est le couvercle d'un grand trou. Parfois Pulowi va au bord de la lagune pour se laver à l'ombre des arbres qui y poussent. Pulowi sera très en colère contre Jula et Mma pour ce qu'ils avaient fait et de ce fait il est dit que si un humain la regarde, elle peut le changer en pierre d'un autre regard. On dit aussi qu'elle séduit les hommes en se déguisant en belle jeune femme avant de les dévorer.
-- Un autre mythe de l'origine des Wayuus raconte que Wolunka la fille de Mma et Jula était la seule femme sur terre mais elle ne pouvait pas enfanter car son vagin avait des dents. Elle ne pouvait donc avoir des relations intimes avec des gens, ni enfanter. Alors qu'elle se baigner dans une rivière, le dieu de la lune Kashi voulu l'aider.
Il envoya alors iipatuchon ( coeur de pierre) et les frères jumeaux Simirio pour qu'il l'aide. Les trois personnes font alors tirer une flèche dans les dents du vagin de Wolunka ce qui les détruisit faisant saigner Wolunka ( symbolisant les première règles). La rivière se colora de rouge, alors l'oiseau roi de Guajiro profita de cette instant pour se jeter dans l'eau et il en ressortit en rouge.


Images représentant le mythe

Un oiseau el Rey Guajiro
Kashi arriva et avec Wolunka, iipatuchon, les frères Simirio eurent une période d'intimité. Cette événement donna naissance aux premiers Wayuus.
Le rouge devenant ainsi une couleur très importante de la culture Wayuu.
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Wayuus en tenue traditionnels rouge rappelant son importance dans la culture
Parlons maintenant d'un autre mythe, le mythe de l'arc en ciel, Kasipoluin.
Dans ce mythe, Kasipoluin, l'arc en ciel indique à Juya d'arrêter de faire tomber la pluie . On dit que l'arc en ciel est la langue d'un serpent qui vit sur terre. Ce qui sort de sa bouche apparaît comme une fumée mais ce serpent a la spécificité d'être des couleurs de l'arc en ciel.
Il est dit qu'il existait un enfant, qui courait et qui arrivait à l'endroit où un arc-en-ciel sortait, a vu un serpent enroulé. Effrayé, il s'est enfui immédiatement, il n'a pas essayé de se rapprocher. Mais il a clairement vu un arc-en-ciel émerger du serpent.

Selon les régions, cela change, certains disent que l'arc-en-ciel vient toujours du boa, Sarulu.D'autres disent que cela peut venir de n'importe quel serpent,ou un iguane ou le caïman, Maliwa.
Passons maintenant à l'âme,
Chez les Wayuus tout le monde a une âme. L'âme est comme un petit ouvrage de coton blanc mais personne ne peut le voir.
Notre âme nous suit partout comme notre ombre, certains disent même que l'ombre est une forme de l'âme. Certains d'ailleurs appellent l'ombre, l'âme de l'obscurité.
Elle ne nous quitte pas sauf quand on dort, quand on est malade où quand on est touchés par une flèche de Wanulu
Tous ce qui se passe dans nos rêves est ce qui arrive à notre âme. Le rêve est ainsi un moyen de communiquer avec le monde des esprits.
Une personne qui rêve d'être dehors proche d'un puit et voient un oiseau, cela signifie que son âme a quitté son coeur en passant par la bouche en s'envolant vers cette destination.
Mais c’est pour les Wayuu,notre âme qui nous fait mourir.Un homme qui rêve de mourir ne se réveille plus jamais. Son âme l'a quitté pour toujours.Quelqu'un qui rêve qu'un couteau a été plongé dans sa poitrine, est toujours en vie. Mais son âme est aujourd'hui gravement blessée. La maladie est là. La mort est proche.
De ce fait, les rêves sont un important sujet de conversation dans les familles, les anciens et anciennes les interprètent et cela peut alors influencer la vie de la famille.
Si quelqu’un se réveille en pleine nuit à cause d’un cauchemar, il devrait se lever immédiatement et aller se laver à l’eau froide pour évacuer les mauvaises énergies.
Quand un Wayuu tombe malade, leur âme est comme un prisonnier des rêves.C'est là que l'esprit du chaman peut le trouver et le ramener à celui qui est malade.Mais s'il ne peut pas le trouver, la personne meurt.
Les âmes des morts peuvent reviennir sur terre dans nos rêves. Nos âmes les rencontrent quand on rêve des morts.C'est les Yolujas, Les fantômes des morts reviennent sur terre.
Le monde de la mort dans la mythologie Wayuu s'appelle Jépira.
À notre mort, cependant, nous ne perdons pas notre âme. Seul notre corps la perd. Notre âme va, c'est tout. Ce qui va, c'est notre ombre,comme notre silhouette, floue, imprécise...
Passons maintenant à d'autres aspects de leur culture,
Les femmes Wayuus fabriquent des sacs crochetés, des mochilas.

Exemple de Mochilas Wayuus
Femmes Wayuus vendant des mochilas
Il s'agit d'un artisanat très important en Colombie et très réputés.
Il y a une légende sur l'origine de comment les Wayuus ont appris à faire ces Mochilas.
La légende raconte que c’est l’araignée Wale’Kerü qui a appris aux femmes à tisser la mochila. Wale’Kerü tissait toutes les nuits et le matin de magnifiques objets étaient confectionnaient.
Les Wayuu lui demandent comment elle arrivait à les fabriquer. Alors en échange de cadeaux Wale’Kerü décida de leur apprendre à tisser. Les Wayuu lui donnèrent des vêtements qu’elle mangea et de sa bouche sortit du fil de coton prêt à être tissé. Avec ce fil Wale’Kerü leur apprit les formes et les motifs.


Femmes Wayuu faisant des Mochilas
La base de la mochila est toujours constituée d’une spirale symbolisant la création de la vie et d’un kaanas (motif) qui représente le cosmos, le soleil, les étoiles. Sur le corps de la mochila, les kaanas représentent les histoires, les rêves, les chemins de vie de la femme. Chaque kaanas possède un nom et une signification.
Il y a une relation très étroite entre la femme et sa mochila et dans la tradition les mochilas n’étaient tissées que pour les proches. Par exemple pour réaliser sa première mochila une mère va tisser son enfant. Quand on dit cela, on comprend qu’on ne tisse pas un objet chez les Wayuu, on tisse sa vie.
La femme est le pilier de la communauté Wayuu qui fonctionne sur un système matrilinéaire, c’est-à-dire que la filiation passe par le lien du sang de la mère. L’héritage du nom, de l’appartenance à un clan, des biens éventuels, tout vient par la mère, par la femme.
Dans la société Wayuu, lorsqu'il se mari; l’homme change de clan et rejoint sa femme dans sa famille.
Le lien de la mère est très important à telle point que par exemple un homme va considérer les enfants de sa sœur comme il considèrerait ses enfants (de son clan), et des fois plus que ses propres enfants qui eux appartiennent au clan de sa femme.
Autre élément sur le frère de la mère, celui qui règle les conflits au sein de la communauté est le Pütchipüü, « le palabrero », doit être un oncle du côté maternel du clan.
Cependant, il ne faudrait pas non plus penser que la société Wayuu est une société matriarcale où ce sont les femmes qui ont entièrement le pouvoir, même si les femmes bénificient quand même d'une grande importance dans la société, comme on l'a dit celui qui résout les conflits est un oncle maternel du clan, pas une femme du clan. Après la femme possède une vision de gardienne des savoirs ancestraux au sein de la société Wayuu.
Il faut surtout voir cette importance matrilinéaire selon moi, par le fait que lorsqu'un enfant née il très facile de connaître la mère de l'enfant alors qu'il faudrait faire un test ADN pour être sur du Père.
Dans la société Wayuu, lorsque les filles atteignent la puberté, elles sont alors enfermés dans une maison du domaine de sa famille pour apprendre ce qu'elle a besoin de savoir en tant que femme, Süttüsü Paülü’ü, où encierro en espagnol, l'enfermement. Avant d'entrer, elle doit se débarrasser de tout ce qu'elle avait, ces habits, ces chaussures et historiquement on lui rasait le crâne, maintenant généralement, on ne fait que lui couper les cheveux. Cela a pour but de laisser partir l'esprit de l'enfance et entrer dans la vie adulte.
Les nouveaux cheveux qui vont pousser durant l’encierro symbolisent le développement de cette nouvelle vie que la femme va commencer à tisser.
Dans la tradition la jeune fille doit rester enfermée pendant un an et ne reçoit la visite que des femmes du clan. Aujourd’hui ce rituel s’est assoupli et la durée peut varier selon les familles à quelques mois, quelques semaines voire même quelques jours.
Pendant cette période on lui transmet des éléments importants de la tradition Wayuu, elle va recevoir des soins corporels, une diététique particulière pour nettoyer le corps, des apprentissages pratiques pour apprendre à tisser et à cuisiner et des conseils des femmes de la famille pour la préparer à sa vie d’adulte et de femme Wayuu. Les femmes de la famille vont lui apprendre à tisser, à tisser les mochilas par exemple où des chinchorros ( des sortes de Hamacs). Elle va d'ailleurs durant cette période faire un Chinchorro qu'elle utilisera après et qu'elle utilisera avec son époux après leur mariage.


Exemples de Chinchorro
Les Chinchorros sont d'ailleurs les lits habituels chez les Wayuus.

Intérieur d'une maison Wayuu
Extérieur d'une maison Wayuu
L’Ouutsü est l’autorité spirituelle du clan. Il peut-être un homme ou une femme,et possède le savoir médicinal et la faculté de communiquer avec le monde naturel et surnaturel à travers les rêves.
Les Wayuus ont également une importante danse traditionnelle, la Yonna.
Elle est présente dans tous les moments importants de la communauté. La musique et les mouvements vont changer selon la célébration. Il y a quatre types de Yonna :
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Wayuus entrain de danser
Les visages sont peints de motifs traditionnels : traits du guerrier pour les hommes, spirales pour les femmes, une des formes les plus récurrentes dans la culture Wayuu, qui symbolise le chemin de la vie, les cycles de la nature, la figure qui forme aussi la base de la mochila Wayuu.
La Yonna se danse généralement en cercle, autour du feu, et c’est la femme qui toujours avance vers l’homme qui lui doit reculer et retarder le plus possible le moment où il va obligatoirement être déséquilibré et tomber au sol.
La femme représente la force, pendant que l’homme représente le vent.
Les pas recréent les mouvements des animaux. Les animaux sont très importants dans la culture Wayuu, ce sont les ancêtres, chaque animal a sa légende, chaque clan possède un emblème animal… Chaque pas, chaque animal est accompagné par son propre rythme de tambour.
https://www.youtube.com/watch?v=umCDvMEWliw ce lien vous mènera d'ailleurs à une vidéo montrant la danse.
Ils ont également de nombreux instruments de musiques.

Exemple d'instrument de musique Wayuu
Terminons maintenant par quelques tenues traditionnelles,


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Je m'arrêterais ici en espèrant que cette introduction au peuple Wayuu vous aura plu !